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 Chez Durfort 3D, une indéfectible discrétion médiatique a constamment été de mise, ça, on le savait. Depuis les commentaires mitigés de la presse sur Atomic Soldier 3, l'avant dernier titre du studio, à qui l'on avait pas mal reproché son manque d'innovation, cette retenue avait quasiment pris les proportions d'un mutisme intégral. Si on se souvient bien, même la sortie de WARSOW avait été accompagnée d'une campagne minimale.
Toujours est-il que, finissant de gribouiller quelques notes, quoique encore sous le coup de la rencontre avec le mythe qui pour la première fois depuis des lustres, s'adressait au public par voie de presse, je sortais du bureau avec un sentiment de curiosité inassouvie. J'avais appris pas mal de choses intéressantes sur le fond, mais à présent, j'avais soif de détails. Aurai-je droit au même accueil de la part d'Ivanoé Lebreton : amical, enthousiaste, mais un poil rigide ?


L'ANNÉE WARSOW - L'ANNÉE ZÉRO - SUITE


Le premier contact me désarçonne un peu. Le programmeur principal de WARSOW et n°2 de la boite, me fait d'emblée tomber dans un panneau gros comme une maison. Sur le seuil de son bureau, par la porte grande ouverte, j'aperçois une forme allongée, avec une paire de jambes qui sort de sous le bureau. Un gars était manifestement en train de batailler ferme avec tout un enchevêtrement de câbles, jaillissant des quatre coins d'une station de travail aux dimensions du poste de commandement de la tour de contrôle de Kourou, en Guyane.
" Ivanoé Lebreton ? Demandais-je, à tout hasard.
- Pas du tout ! me répond le jeune quadragénaire ébouriffé qui, après s'être dégagé à reculons, s'approche de moi, en essuyant ses mains poussiéreuses sur les coutures de son jean. Je bosse au service des fournitures, j'approvisionne en crayons les employés qui travaillent ici, j'achète du papier pour les imprimantes, tout ça. Là, je suis en train de débrancher l'unité centrale de M. Lebreton. Parce que c'est l'heure de sa promenade quotidienne, à la petite bête. Alors je vais l'amener au parc, ça lui fait du bien à la carte mère, de s'aérer un peu !
- Oops !?! Pardon ! Je... euh... " Ce visage me dit pourtant quelque chose. " Mais ??? " [rires francs]
Une poignée de main et trente secondes plus tard, Ivanoé Lebreton me proposait le marché suivant : on se donnait une demi heure pour boucler l'interview, puis on filait en salle de tests, où il était question d'un petit deathmatch entre programmeurs avec la dernière version du moteur 3D maison, auquel j'étais bien aimablement convié. Banco !

e-GamCom : Pourriez-vous nous donner quelques chiffres révélateurs sur le phénomène WARSOW ?

Ivanoé Lebreton : Hum... Quelques chiffres... Ok. Warriors of Alternative Reality : Slaughters Over the Web, au départ, c'est deux ans de travail pour une société de 55 personnes. Dont 34 sont aujourd'hui, affectées à temps plein aux fonctions principales du comité de gestion de la communauté, au sein d'une cellule qui ressemble de manière assez stupéfiante à un véritable conseil municipal : six personnes au cabinet d'aménagement du territoire ; cinq au service de développement et de contrôle qualité Réseaux ; cinq autres pour le bureau des services commerciaux ; quatre à la commission des Mods et Add-ons; autant à la coordination des délégués de communauté et à la direction de programmation de la chaîne info locale ; et enfin, un relais de deux équipes de trois opérateurs pour assurer la hotline.

Ça démarre fort ! Encore des chiffres !

WARSOW, c'est aussi 1.300.000 joueurs recensés au 15 mars dernier, avec une progression qui depuis un trimestre s'est stabilisée à une moyenne de 100.000 nouveaux guerriers, ou guerrières par mois (sachant que chaque joueur dispose de son jumeau bot, je vous laisse faire la multiplication). C'est par ailleurs 850.000 Webbing Guests (utilisateurs du freeware donnant accès à la zone publique de WARSOW), qui fréquentent quotidiennement l'espace neutre du jeu.

Que pouvez-vous nous dire, sur le réseau propriétaire de Systel Technologies, épine dorsale de WARSOW ?

C'est un réseau haut débit constitué de 28.000 km de lignes T1, qui couvre les cinq continents, desservant quelques 34.000 serveurs dédiés, eux-mêmes soutenus par 17.000 serveurs cache. À l'heure d'aujourd'hui, si on y ajoute les serveurs mis en place par les particuliers, au profit des clans ou des Mods, on peut considérer que l'univers du jeu s'étend sur environ 92.000 serveurs, dont 80 % d'arènes. En parlant de ces dernières, les chiffres les plus récents font état de 1.200 cartes officielles, en grande partie conçues par de talentueux designers amateurs ayant obtenu le label WARSOW Approval.
Plus simplement, en ce qui concerne le jeu proprement dit, WARSOW, c'est un FPS (First Person Shooter - jeu de tir à la première personne), mâtiné d'éléments empruntés au jeu de rôle, dont un principe de points d'expérienc e et de statistiques individuelles assez traditionnel (voir encadré). On choisit la peau de son personnage parmi plusieurs centaines disponibles, qu'on peut regrouper en quatre grandes catégories : Space Marines humains ou aliens, Cyberpunks humains ou aliens. Ces tendances se déclinent ensuite en de multiples ramifications claniques. Bon. On passe aux choses sérieuses ? (grand sourire carnassier)

TO BE CONTINUED


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